-Introduction-

-Introduction-
La neige. C'était tout ce que Bill voyait. Les traces qu'il laissait dans la neige étaient rapidement recouvertes par la fine couche qui tombait. Il ne savait pas où il était et encore moins pourquoi. La nuit était tombée depuis un certain temps et seule la lumière des lampadaires le guidait.Il avait froid mais il s'en fichait éperdumment. Malgré l'heure tardive, il y avait un certain nombre de gens dehors. C'était peut-être parce que c'était la veille de Noël. Oui, c'était sûrement ça. Quelqu'un le bouscula, mais il ne sentit presque rien. Il avait l'impression que tout lui passait à travers.
- Désolé, s'excusa l'homme, Joyeux Noël !
Bill ne répondit pas. Pour lui Noël ne rimait pas avec joyeux. Il fredonnait silencieusement spring nicht, une de ces anciennes chansons. Il n'aimait pas ce mot non plus. Ancien. Il y avait trois ans de ça, le groupe Tokio Hotel s'était séparé. La veille de Noël. Bill releva la tête. Il voyait les gens autour de lui. Leur vie était si différente de la sienne...Ils étaient tous là, à marcher dans cette rue, avec ou sans but précis, alors qu'ils pourraient être n'importe où. Mais ailleurs. Ailleurs, ça aurait été mieux. N'importe où ailleurs ça aurait été mieux. Bill avait envie de crier à tous ces gens : "Mais bougez-vous merde, si vous voulez vous pouvez être heureux !" Mais ça aurait été déplacé compte tenu du fait qu'il faisait parti de ces gens et qu'il ne savait pas être heureux. Depuis trois ans. Il avait besoin d'autre chose. Ailleurs. Il avait besoin de se retrouver, d'arriver à être heureux. Mais il ne savait pas comment faire. Il regarda le ciel et vit quelque chose filer. Il pensa d'abord à une étoile filante, mais il s'aperçut que c'était un avion. La pensée d'un voyage le traversa. Un voyage loin de tout ça...Un instant il rêva...puis redescendit sur Terre. Ses parents n'accepteraient jamais. Il n'avait pas encore 18 ans. Il les aurait en Septembre prochain. Il regarda à nouveau le ciel puis se demanda ce qu'il aurait souhaité si il y avait bien eu une étoile filante. Vivre la vie d'un autre. Oui, ça, ça aurait été bien. Il se retrouva dans une rue qu'il connaissait bien. Alors qu'il se dirigeait vers chez lui, il se demanda combien de personnes se trouvaient dans le même état que lui. Assez indescriptible. Il n'était pas vraiment malheureux, mais il y avait quand même quelque chose de triste en lui. Peut-être de la mélancolie ou du regret. Personne ne saurait jamais sa façon de penser. Il jeta un dernier coup d'oeil vers les lumières de la ville puis poussa la porte de chez lui où il fit semblant, comme d'habitude, d'être un garçon comme les autres.


Merci ^^

# Posté le lundi 12 novembre 2007 14:05

Modifié le dimanche 30 août 2009 05:30

- Chapitre 1 -

- Chapitre 1 -
Bill ressentit une impression de déja vu lorsque il boucla sa valise et qu'il jeta un dernier regard à sa chambre avant de la refermer, ne sachant combien de temps s'écoulerait avant qu'il ne la rouvre. Bien qu'il ne se souvienne plus pourquoi, il avait vraiment cette impression qui l'écrasait et lui donnait le sentiment d'avoir gâché sa vie. Ses parents et son frère jumeau, Tom, n'avaient rien dit, quand Bill, le lendemain de Noël, avait annonçé qu'il s'en allait à Paris pour une durée indéterminée. Ils ne le comprenaient pas mais ne posaient pas de questions et s'était sans doute mieux ainsi. Ils se doutaient que Bill en avait besoin. Et c'était l'unique chose qui comptaient pour eux. Il s'éloigna sans se retourner. Il ne se retournait jamais.
Il monta dans le train pour Paris et s'installa dans son compartiment où il était seul, près de la fenêtre. Ses anciennes fans ne l'auraient peut-être pas reconnues. Peut-être même qu'elles l'avaient oublié. Il s'efforça de ne pas y penser et se concentra sur son but : Paris. Il n'avait aucune idée de ce qu'il allait faire là-bas. Mais c'était là-bas qu'il allait et c'était tout. Il voulait retrouver la motivation, l'envie, la joie et si possible, remonter sur scène... Mais maintenant qu'il avait foutu le groupe en l'air, rien n'était moins sûr. Depuis ce jour, il avait l'impression de ne plus exister. C'était peut-être ça. Vivre pour survivre. Bill ne vivait plus. Il essaya de se rappeler pourquoi ça avait commencé. Pourquoi ça avait foiré. La réponse ne tenait peut-être que dans un nom. Si il y pensait très fort, ça allait revenir. Et il ne voulait pas. Pas maintenant, pas tout de suite.
Il se rappela soudain de son impression de déja vu. La dernière fois qu'il avait fait son sac, c'était pour partir en tournée...

# Posté le mardi 13 novembre 2007 11:41

Modifié le mercredi 14 novembre 2007 07:50

- Chapitre 2 -

- Chapitre 2 -
Magnifique. Ce fut le premier mot que Bill arriva à articuler à peu près convenablement lorsqu'il aperçu la Tour Eiffel aux environs de 22h. Il resta planté devant un certaint moment avant de se rendre compte de l'heure et de se diriger vers l'endroit où il allait dormir. L'endroit où il allait dormir. Très bien, parfait. Sauf qu'il n'avait pas d'endroit où dormir. Il ne connaissait pas du tout Paris et n'avait aucune idée d'où se trouvait l'hôtel le plus proche. Et cette fois-çi, il n'y avait pas beaucoup de monde dehors. Bill laissa une fois de plus ses pas le guider. C'était devenu une habitude chez lui. Lorsqu'il n'eut plus de force, il s'arrêta et regarda tout autour de lui. Il y avait un vieux banc tagué et un cinéma dont l'enseigne menaçait de griller. Il n'était pas loin de minuit et il faisait froid. Cette fois ce ne fut pas ses pas qui le guidèrent vers le cinéma, qui -miracle- n'était pas fermé, mais sa conscience. C'était un vieux cinéma et il avait l'air de ne pas avoir été visité depuis au moins 1 siècle. Bill entra et débarqua sur une petite salle avec un minuscule comptoir. Il poussa une porte et se retrouva dans la salle de cinema. Il monta les marches machinalement, comme si plus rien de ce qu'il faisait d'inhabituel ne l'étonnait puis s'avachit sur un siège rouge déchiré et s'endormit aussitôt d'un long sommeil sans rêves.

# Posté le mercredi 14 novembre 2007 07:51

Modifié le samedi 17 novembre 2007 04:01

- Chapitre 3 -

- Chapitre 3 -
- Hey, t'es assis sur mon fauteuil !
Ce n'était pas exactement le réveil que Bill aurait imaginé après une journée telle que la veille, mais ce furent les premiers mots qu'ils entendirent lorsqu'il se réveilla. Une fille brune qui devait avoir son âge le regardait, les bras croisés. Un instant, Bill crut qu'il rêvait puis se rendit compte qu'il était en fait sept heures du matin. Il observa intensément la fille. Elle avait des yeux si sombres...
- Anna ? demanda-t-il, peinant à admettre ce que ses yeux voyaient.
- Non, moi c'est Marina, répliqua-t-elle, surprise.
C'est vrai que Anna avait les cheveux un peu plus longs et beaucoup plus clairs. Mais elles avaient presque les mêmes yeux.
- Désolé.
De toute façon, ce n'était qu'une erreur de plus dans sa vie. Il se décala d'une place pour lui rendre son fauteuil. Elle s'assit à côté de lui puis sortit un cahier et un stylo. Pendant un instant, elle eut les yeux dans le vague puis elle commença à écrire en mordillant son stylo de temps à autre.
Bill détourna les yeux. Il était à Paris. Mais il n'avait rien à faire là. Il se demanda si rester toute la journée dans une vieille salle de cinéma l'aiderait. Il jeta un coup d'oeil sur le carnet de Marina mais n'arriva qu'à apercevoir quelques mots. Alors qu'il se demandait encore une fois ce qu'il pouvait faire d'autre à part avoir des regrets, il s'aperçut que Marina était la première personne qu'il avait rencontré qui ne posait pas de questions.

# Posté le mercredi 14 novembre 2007 14:16

Modifié le dimanche 16 décembre 2007 05:21

- Chapitre 4 -

- Chapitre 4 -
Bill entortillait sa chaîne dans ses doigts depuis dix bonnes minutes. C'était une chaîne en argent avec un pendentif lourd. Elle était glacée mais bizarrement, elle le brûlait. Il y avait des souvenirs trop lourds à contenir dans une simple chaîne. Aux yeux de n'importe qui, cette chaîne serait apparue tout à fait ordinaire. Mais Bill ne l'avait jamais quittée depuis qu'il l'avait eu. C'était le cadeau que Anna lui avait fait. Le premier et le dernier. Avant, il lui suffisait d'un regard à cette chaîne pour se sentir léger, heureux, et maintenant qu'il la regardait, il avait mal, mais il était hors de question pour lui de l'enlever. Il regarda Marina qui écrivait toujours. Elle ne portait aucune chaîne. Rien. Elle était libre, elle n'était pas rattachée à un souvenir comme Bill. Marina dû sentir que Bill la regardait car elle leva les yeux vers lui et il plongea dans une chute sans fin à l'intérieur de ses yeux sombres. Dans ses yeux il revoyait Anna. Depuis qu'elle était partie sans explication, Bill s'était juré de ne plus s'attacher. Plus jamais. Il perdait tous les être qu'il aimait. Peut-être même que c'était lui, qui, inconsciemment, les laissaient partir. Oui, c'était peut-être ça. Il aimait trop fort.

# Posté le samedi 17 novembre 2007 05:37

Modifié le dimanche 18 novembre 2007 09:36